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Le gouvernement attaque la maison individuelle.

17/10/2021

 La ministre déléguée au Logement a estimé que le « rêve » d’une maison individuelle pour chacun menait « à une impasse ». Face à la polémique, elle a rétropédalé , celle-ci avait qualifié les maisons individuelles de «non-sens écologique, économique et social».

 

 La maison individuelle est plébescitée par les trois quarts des Français,  est un idéal qui n’est pas celui du gouvernement. Après la consultation organisé par le ministère du Logement , ce doit être une maison , si possible avec un jardin, une terrasse ou un balcon. Mais seulement 58% des Français en possèdent une. Oublier le stress des grandes villes, fuir la pollution, l’insécurité, le calvaire des transports en commun, retrouver une vie plus saine… Leur rêve s’affronte souvent à la dure réalité: les prix sont si chers que beaucoup de ménages ne peuvent pas s’offrir leur logement idéal. Avec le confinement dû à la  crise de la Covid-19, les citadins n’ont plus qu’un rêve: quitter les grandes métropoles pour s’installer au vert ou dans des villes à taille humaine. Comme si le coronavirus avait réveillé en eux une subite envie de prendre la clé des champs . Il y a encore un an, les petites villes étaient sans intérêt et la banlieue avait mauvaise réputation. Un an après, c'est le contraire , du jamais vu ! Il aura fallu que les Français se sont retrouvés confinés pendant des mois pour qu'ils découvrent à quel point ce n'est pas si mal de vivre «à la campagne» au moins quelques jours par semaine.

 

 En total décalage , le gouvernement  soutient, plutôt une densification des villes. La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon a fait savoir aux professionnels qu’elle veut voir fleurir de nouveaux logements collectifs, ajoutant que les maisons individuelles, «ce rêve construit pour les Français dans les années 70», «ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier», sont un «non-sens écologique, économique et social». «Le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse», a ajouté la ministre.

 

 Les professionnels de la construction ne sont pas passés à côté de cette déclaration , ceux-ci  déplorent une «stigmatisation persistante de l’habitat individuel, à contresens des aspirations des Français». «Laissez les Français tranquilles!, a réagi le président de la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles (FFC) , Damien Hereng. «Quand 75% des Français plébiscitent la maison, il s’agit là d’une drôle de conception de l’habitat de demain et du bonheur des Français» , «Vouloir entasser les Français dans du logement collectif aux portes des métropoles fait peu de cas des envies de la majorité de nos concitoyens»., s’exclame le président du Pôle Habitat-FFB Grégory Monod,  déplorant «  la stigmatisation persistante de l’habitat individuel, à contresens des aspirations des Français , tandis que la Fédération des constructeurs de maisons individuelles s’est dite « révoltée contre de tels propos tenus par une élite parisienne dite écologique et pourtant très loin des territoires, des habitants et de leurs préoccupations ».

 

 Comme elle l’avait affirmé en fin d’année dernière en réclamant plus de mixité sociale et voulant «du logement social partout», également dans les villes aisées Emmanuelle Wargon a fait l’amère expérience de l’arroseur arrosé. Sa déclaration est mal passée auprès de certains internautes qui ne se sont pas privés de rappeler à la ministre où elle a élu domicile. La ministre vit à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne (94). Une ville cossue où les prix peuvent dépasser allégrement les 10.000 euros le m² car située à proximité de Paris. Elle est propriétaire d’une maison de 150 m2 , estimée à 1,5 million d’euros, selon sa déclaration de patrimoine. Soit 10.000 euros le m². Seulement cette valorisation est bien inférieure à celle de Meilleurs Agents, spécialiste de l’estimation immobilière , qui se situe autour des 15.000 euros.

 

 Autre inconvénient quand on veut donner des leçons , Saint-Mandé en matière de logement social , est une ville d’une vingtaine de milliers d’habitants, qui est un des plus mauvais élèves du département avec 11,5% de HLM, selon le dernier bilan triennal de la loi SRU publié en janvier dernier par le gouvernement. Seules 5 des 21 communes du Val-de-Marne soumises à la loi SRU font moins bien. Saint-Mandé, pour ne pas avoir respecté son objectif de HLM,  a vu sa sanction quasiment doubler: de 500.000 à 925.000 euros . Et comme la loi l’y autorise, la préfecture a également décidé de reprendre à la municipalité les permis de construire. Saint Mandé fait  partie des 280 communes carencées, qui n’ont pas atteint leur objectif. La ministre ferait bien d’en parler avec sa municipalité.

 

 La ministre continue néanmoins d’assumer son opposition aux aspirations des Français. «Nous sommes face à une urgence climatique qui ne se négocie pas», martèle t-elle pointant du doigt leurs «contradictions». Les Français veulent des maisons individuelles et en même temps plus d’espaces. La ministre assure qu’«il n’est pas question de renoncer à loger les Français mais de le faire autrement». En respectant un principe: l’intensité «heureuse». À savoir une «densité d’habitat qui crée des quartiers dynamiques, vivants et chaleureux».

 

                            Les constructeurs de maisons lui répondent : la densité d’habitat couplée à une sobriété foncière et des logements de qualité (environnementale, esthétique et d’usage). «Nous le faisons déjà». «L’habitat individuel a connu de nombreuses évolutions depuis plusieurs décennies, tant en matière de sobriété foncière, de densité et de qualité architecturale que de performance énergétique et environnementale, avec l’utilisation de matériaux biosourcés par exemple», affirme Grégory Monod. «Le gouvernement laisserait donc aux ménages modestes, le seul espoir du logement social puisque l’accession en logement collectif est inaccessible financièrement», déplore Damien Hereng se disant «révolté».

D’un autre côté , selon un sondage réalisé par Ipsos pour la Fédération des ascenseurs , les Français,  sont très majoritairement , favorables à la construction de bâtiments bas (moins de six étages) ou de maisons individuelles quitte à ce que les villes s’étalent. Ce sont 80% des seniors de plus de 60 ans qui partagent cet avis . Du côté des jeunes, même s’ils sont plus favorables à la construction de bâtiments en hauteur , ils approuvent majoritairement l’étalement des villes (59%).

La FFC se désole de cette «charge frontale» venant d’Emmanuelle Wargon. L’opposition du gouvernement aux maisons n’est pas nouvelle. Déjà il y a deux ans,  le ministre du logement Denormandie avait tenté de décourager la construction de logements individuels pour relancer les centres-villes en perte de vitesse. Encore une fois                                                  c’est un choix contradictoire avec le fameux choc des prix de l’immobilier voulu par Emmanuel Macron afin de les faire baisser. Et qu’on attend toujours.

 

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