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L’Allemagne veut elle sortir de la zone euro ?

28/11/2021

Selon l’économiste Marc Touati , la zone euro dans ses conditions actuelles risque d’avoir disparu d’ici 2025 . En effet , l’Allemagne serait sur le point de taper du poing sur la table , vis-à-vis de la France, qui refuse de “mettre fin à la dérive des dépenses d’Etat et de limiter la dette publique”.

 

 Après avoir préservé la Zone Euro à moult reprises depuis la crise mondiale en 2008, il semble que l’Allemagne ne soit désormais plus disposée à continuer sur cette voie. Le prochain Chancelier Olaf Scholz et son équipe qui n’ont pas encore commencé à gouverner ont déjà commencé à annoncer la couleur, en soulignant que les dérapages budgétaires et monétaires doivent cesser au plus vite. Ces déclarations confirment que l’Allemagne est bien prête à taper du poing sur la table , faisant suite à la récente démission du Président de la Bundesbank, en désaccord avec la  politique excessivement accommodante de la BCE.

 Cette attitude , vise directement la France, qui refuse toujours de mettre fin à la profusion de ses dépenses et à la dérive de sa dette publique et qui fait pression sur la BCE pour qu’elle maintienne sa planche à billet au moins jusqu’en avril 2022. A trop tirer sur la corde, elle finit par casser, même si les épreuves peuvent nous renforcer, à terme, elles peuvent aussi finir par nous détruire, surtout quand elles sont mal gérées.

 

 C’est exactement dans cette situation que se trouve aujourd’hui la Zone Euro , et depuis sa création il y a bientôt 23 ans, elle a dû encaisser un grand nombre de chocs : la récession de 2000-2003, l’effondrement de l’euro face au dollar sous les 0,85 en 2001, la crise financière de 2008-2009, la crise grecque de 2010-2012, l’élection à la tête de la Grèce en janvier 2015 d’Alexis Tsipras, qui avait notamment promis de faire exploser la Zone Euro. Plus récemment, l’avènement d’un gouvernement europhobe à la tête de l’Italie a encore failli sonner le glas de l’UEM (zone euro). Pour autant, dans tous ces cas, le plus souvent après de nombreuses tergiversations politiciennes et ubuesques, le pire ne s’est pas produit et la Zone Euro n’a pas disparu.

 

 Depuis l’apparition de la  Covid-19, avec la dépression historique qu’elle a engendrée , le sauvetage de l’économie qui fut nécessaire  a provoqué une nouvelle flambée des dettes publiques  et la BCE a décidé de continuer sa fuite en avant, en activant de plus en plus sa « planche à billets » et en fournissant par là même plus de « morphine » sur les marchés. On oublie que si la morphine calme la douleur, elle ne guérit pas la maladie, qui est celle de l’excès de dette publique. Devant ce nouveau dérapage, la cour constitutionnelle de Karlsruhe a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dès le printemps 2020. Sous la pression de Mme Merkel, le pire a une fois de plus, été évité.

 

 Hélas les bonnes choses ont une fin  et le prochain gouvernement allemand a vraisemblablement décidé de « stopper les machines ». A partir de là , les avertissements de la cour de Karlsruhe devraient réapparaitre sur le devant de la scène. Cela va faire émerger  la crise de la dette publique de la Zone Euro et derrière les mises en garde allemandes se trouve une remise en question de l’Union Européenne Monétaire telle qu’elle existe jusqu’à présent.

Face à ce danger latent, certains économistes et politiciens préfèrent affirmer que cette éventualité n’a aucun sens. La fin de la zone euro ? « Impossible » disent-ils avec l’aplomb des technocrates qui dissertent sur l’avenir économique sans n’avoir jamais été sur le terrain. Il faut être honnête , compte tenu de l’ampleur de la crise actuelle et des dérapages budgétaires et monétaires : l’explosion de la Zone Euro est possible et la probabilité de ce scénario augmente chaque jour. Vouloir faire croire le contraire est une façon de nier la réalité surtout que la nouvelle crise politique, financière et économique qui s’annonce ne sera pas un accident de parcours facilement surmontable. Cette crise ne sera que la conséquence des carences structurelles de la Zone Euro, qui au départ devait être un havre de stabilité, mais qui est au final est reconnue par une faible croissance et par fragilité économique, politique, sociale et sociétale.

Depuis 2015 , on voit des  bulles qui n’ont cessé de gonfler sur les marchés financiers , de même la Zone Euro est, elle aussi, devenue une « bulle », constituant par là même une « machine à crises ». Cette carence d’efficacité de la Zone Euro rappelle un problème fondamental : basée sur des fondations bancales, l’UEM n’a jamais été terminée. En effet, cette dernière ne sera crédible que lorsqu’elle sera devenue une « Zone Monétaire Optimale », c’est-à-dire parfaitement unifiée à tous points de vue.

 

 Le paradoxe est que, depuis quelques années, les peuples et les dirigeants de la Zone Euro sont devenus de plus en plus réticents à l’idée d’une union fédérale. Tout cela alimente  un sentiment europhobe qui se répand comme un virus et  qui gagne de plus en plus de gouvernements et de citoyens. Ce rejet s’explique aisément , car  depuis des décennies, les dirigeants des pays européens, ne trouvent pas de consensus , ils n’ont cessé de dire qu’il fallait faire des efforts au nom de l’Europe. Dans la réalité , assainir les dépenses publiques , ce n’est pas pour l’Europe mais pour nos enfants. En toute logique , à cause de cette irresponsabilité, la construction européenne est devenue le vrai problème et  stigmatise toutes les rancœurs.

 

 L’Europe n’est pas devenue une terre de croissance et d’emploi  comme on s’y attendait et pire dans l’inconscient collectif, elle est perçue comme la mère de toutes les rigidités et de toutes les inefficacités budgétaires et économiques. Dans ces conditions  à moins d’un abandon général de leur souveraineté par des pays comme l’Italie, la France ou l’Allemagne, pour que la zone euro engage une harmonisation des conditions fiscales et réglementaires, avec un budget fédéral efficace mais aussi avec moins de rigidités structurelles, l’UEM telle que nous la connaissons aujourd’hui aura disparu d’ici 2025.

Cela ne signifie pas forcément la fin de l’euro, mais l’avènement d’une zone monétaire plus restreinte, avec une vraie intégration, une véritable union fédérale, des règles strictes et une entraide à toute épreuve. C’était justement le but du traité de Maastricht de 1992. Dommage que les dirigeants européens ne le comprennent qu’aujourd’hui, presque 30 ans plus tard…

 

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